Le joueur d'échec - Stefan Zweig

Publié le par Livre en live libre

 Voici un livre d’un suspens poignant qui nous montre toute la fragilité de l’esprit humain, toute la perversion du rouleau compresseur nazi.
Socialement assez bizarre, proche du nihilisme, je l’admire pourtant pour son grand pacifisme et ses prises de position lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Voilà, je m’efface devant les derniers mots qu’il a écrit avant de se donner la mort accompagné de sa femme.
Vraiment un livre à avoir lu.

Stefan-Zweig---Le-joueur-d---chec.jpg"Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j'éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m'a procuré, ainsi qu'à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j'ai appris à l'aimer davantage et nulle part ailleurs je n'aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même.
Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d'errance. Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.
Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l'aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux."
Stefan Zweig, Pétropolis, 22-2-42

Publié dans Nouvelle

Commenter cet article